Warrior river, retour d’une session de rivière avec Julien de la Team CO-Mag

Loin…

Des villes, du bruit et de la pollution qui nous entourent continuellement , il y a des petits coins de paradis, des endroits cachés où seule la nature et ces habitants sauvages ont le pouvoir ! C’est dans cette atmosphère d’air, de bois et d’eau que je préfère pratiquer notre passion, suivez moi au cœur d’une session avec les guerrières de rivière.

Nous sommes vendredi, mon épouse aillant des jours de repos à rattraper, elle me propose de partir dimanche pour 48h, étant également disponible, je saute sur l’occasion de partager une session avec ma femme et nos deux Jack Russell.

Il est 16h, deux journées sont passées et la voiture est pleine à craquer, nous prenons enfin la route direction la nature. Pour cette session, j’ai choisi une petite rivière à une vingtaine de minutes de la maison, elle n’est pas plus large que 30 mètres et est pourvue de multiple spots à exploiter. Pendant la saison estivale, beaucoup de nénuphars sont en surface et il y a énormément d’obstacles sous l’eau (souches, branches , cailloux). La nourriture naturelle est bien développée, on n’y trouve des corbicules, écrevisses, et pas mal d’anodontes, de plus en cette saison des dizaines de noisetiers perdent leurs fruits, ce qui offre une nourriture en plus à ces dames.

Julien Team Carpe Online Magazine

Prendre son temps…C’est simple !

Cependant, beaucoup de personnes ont tendances à vouloir s’installer trop vite ! A peine les affaires posées au sol et sans même SONDER, ils larguent les montages et quelques billes par-ci par-là et pourtant la clé de la réussite passe avant tout par le sondage. C’est la base ! Surtout lorsqu’on a 48h devant soit, il ne faut pas avoir peur de perdre 2 ou 3h voir plus pour s’installer, sonder et mettre sa stratégie en place.

D’ailleurs, 4h ont passé, il est 20h… Et après avoir effectué un sondage minutieux en bateau et installer notre campement, mes 3 cannes sont posées chacune sur un spot susceptible d’être rapidement visité.

Ma première canne pêche un gros arbre immergé, sûrement victime d’une tempête, le montage est sur un fond dur de 2 mètres d’eau, à 2 mètres du bord, eschée d’une bouillette en 24 mm, surmonté d’une pop up en 16mm.

La deuxième canne pêche la limite de plusieurs nénuphars, dans 1,50m d’eau sur un fond plus sableux. Je choisi d’eschée une bille dense en 18mm associée à une pop up en 16mm.

La troisième canne pêche à la droite de nos biwy et j’ai pris le soin de la poser dans seulement 1 mètre d’eau et 1 mètre du bord car il y a une énorme souche qui sort de terre sous l’eau et qui vient ressortir hors de l’eau. J’ai donc posé le montage devant cette souche eschées de deux billes en 18mm denses.

Pour cette rivière…

Mon amorçage est composé de croquettes pour chien bien connues de tous, ainsi que des bouillettes poisson et moule verte en diamètres 15, 18 et 24mm pour rester le plus proche possible de la nourriture qu’elles trouvent habituellement. Enfin, je mélange les bouillettes entières/coupées avec les croquettes que je nappe généreusement avec un booster. Je laisse le tout s’imbiber du produit 20-30min, et l’on obtient un amorçage digeste et hyper olfactif, de quoi mettre rapidement en appétit ces dames

Julien Team Carpe Online Magazine

Pour le montage…

J’aime la simplicité et non les montages complexes ! Sauf, s’il le faut vraiment ! J’utilise un lead core ou tête de ligne suivi d’un clip plomb. Un plomb lourd de 180gr minimum, pour optimiser l’auto-ferrage ainsi qu’une tresse gainée rigide et un hameçon n° 2 ou 4 fort de fer, œillet rentrant pour l’agressivité du piquant avec une pointe droite ou rentrante en fonction du substrat, pour finir un back lead pour couler le fils.

Gardez à l’esprit que les poissons de rivière sont puissants, on peut donc rester simple mais il faut être rigoureux dans  la confection de son montage.

Julien Team Carpe Online Magazine

La récompense…

Dans le silence et la pleine lune, celle-ci arrive à 22h30, alors que ma femme est couchée, je suis quand à moi sur mon bedchair en train de somnoler c’est alors que ma centrale se met à hurler en continue, c’est ma troisième canne, celle à la souche dans 1m d’eau. Vite !!! Je saute du bed, ne prend pas le temps de mettre mes crocs pour pas changer ! J’attrape la canne pour entamer un combat avec une « warrior river », à peine piquée qu’elle a déjà traversé sur ma berge cherchant de quoi se réfugier, bloquant la ligne dans un arbre mort penchant au dessus de l’eau. Ma femme prend alors la canne pour que je puisse descendre au bateau, puis je reprend celle-ci afin d’empêché cette sauvage de longer les bords. Après 20 minutes de combat et de bateau qui tournoie, je réussie enfin à mettre cette guerrière au fond du filet.

Yesss… !!! « Une jolie miroir au dos bien noir. »

Peu après, me voici remonté au bord, je met la belle en sac de conservation pour apprécier au mieux ces couleurs et écailles au petit matin.

Puis…

Je prend le soin de reposer ma canne avant d’aller me recouché, mais dur dur de dormir car l’adrénaline que je ressens pour ces poissons sauvages est toujours très présente.

On réussit tout de même à fermer un peu les yeux et BIPPPPPP !!!! La deuxième canne, celle aux nénuphars s’emballe. Je prend contact, regarde ma montre… 3h30 du matin ! C’est encore une folle furieuse, qui vide ma bobine de tresse, avec plusieurs rush puissants et secs. Elle finira par remonter en surface pour venir déclarer forfait dans le triangle.

Yesss… Deuxième miroir au tapis, prête pour une séance photo dès l’aube, enfin un peu plus tard car Madame ne connaît pas l’aube…

 4 heures 00…

Après une dépose du montage, le reste de la nuit sera calme. Au matin, nous prenons les deux miroirs de la nuit en photo, avec comme souvent en rivière de superbes couleurs et morphologies

Julien Team Carpe Online Magazine

 

Julien Team Carpe Online Magazine

Le calme…

Le reste de la journée sera très calme, ma femme en profite pour mettre quelques coups de leurre mais sans succès.

17h et toujours aucune touche, le ciel bleu jusqu’ici est devenu sombre quand soudain ma femme me dit « rentre les affaires vite, il va pleuvoir ! » Je la regarde avec un air étonné et soudain, un gigantesque rideau de pluie nous arrive dessus à vitesse grand V. On file s’enfermer dans le biwy et un craquement de tonnerre vient faire trembler la terre et hérisser nos poils. Cela fait 20min que des seaux d’eau tombent, alors que l’orage crie sa colère.

 « La session va être raccourcie !!! »

Ce sont les mots que je dis à mon épouse voyant le déluge et la violence de la météo. Je sais, quand je dois ou pas partir, notre poste étant en pente plusieurs petits torrents de boue se sont formés et passent dans le biwy, laissant place à celle-ci, plein les affaires !!! Je sort alors la tête t’en bien que mal du biwy et c’est pas moins de 10cm d’eau qui ont transformés le zodiac en piscine. C’est décidé… On remballe, cela devient risqué d’autant plus que nous sommes en pleine forêt, s’il arrive quelques choses, on n’est pas prés de nous trouver.

Parfois, la passion est plus forte, mais il faut savoir ne pas prendre trop de risque, même si notre loisir est beau, il ne vaut pas la peine qu’on y laisse la vie !

 Tremper jusqu’à l’os…

Voiture chargée dans un état pitoyable, ce n’était pas fini, ma femme prend le volant, et la voiture étant garée en pente, impossible d’avancer, la voiture s’embourbe « Là ça craint ! », après plusieurs tentatives, je décide de la re-décharger. Les affaires pleines d’eau, cela fait trop de poids, quant la voiture fût vidée de moitié, on réessaye une ultime tentative et YESSSSS !!! Ouffff… Ça passe, soulagé, allez on recharge toujours sous ce déluge et on quitte sans gros malheur notre petit coin de paradis métamorphosé en terrain pour cochon.

 The end !

C’est ainsi que se termine cette trépidante session, partagée avec ma moitié, mais nous en garderons un excellent souvenir comme toujours, avec des poissons vierges, de l’amour, du partage et de la simplicité.

A bientôt pour de nouvelles aventures sur Carpe Online Magazine et surtout restez vous-même, pêchez pour vous.

Julien Chaufournier, Team Carpe Online Magazine