TECHNIQUES: « Met de l’huile » par Lilian Joly, manager CCMoore France

Lorsque l’on parle des attractants liquides, on pense inévitablement aux produits à base de foie, de produits marins tels que les algues, les poissons et autres crustacés mais aussi les bases fruitées ou épicées.

Il existe cependant des produits bruts 100% naturels qui sont, au fil du temps, tombés en désuétude. J’ai nommé les huiles. Utilisées massivement par le passé, elles n’ont pas perdu de leur efficacité pour autant. 

La famille des huiles est bien représentée et permet des utilisations variées. Que ce soit pour les personnes qui roulent leurs propres appâts ou pour des utilisations plus techniques, ces produits apporteront un réel plus à votre approche. Par définition, les huiles sont plus légères que l’eau, ce qui, vous l’aurez compris, permet de produire un amorçage attractif dans tous les étages de la colonne d’eau.

Pour les rouleurs, l’incorporation d’une huile de poissons ou d’une huile végétale dans la base liquide, les oeufs, permettra à l’appât de travailler différemment dans l’eau. Le but recherché est une dispersion progressive de micro gouttelettes huileuses vers la surface ce qui va permettre de capter l’attention de certains poissons patrouillant dans des couches d’eau supérieures. Ces poissons vont indubitablement tenter de retrouver la source de cette traînée providentielle. Un autre avantage indéniable est l’ apport nutritionnel que procure les huiles aux poissons, dans des proportions raisonnables lors d’un amorçage à plus long terme. Certaines de ces huiles ont aussi un fort pouvoir gustatif dont il faudra tenir compte lors de la composition de la recette.

Une autre utilisation des huiles est le nappage, qu’il soit sur les billes ou des pellets son efficacité est redoutable. Une fois encore, le but recherché est de renforcer l’attractivité des appâts dans des couches d’eau supérieures. L’avantage avec un nappage est qu’il va agir plus rapidement que lorsque l’huile est ajoutée dans les oeufs lors de la confection de ses propres appâts. L’huile formant alors une pellicule olfacto-gustative en périphérie de l’appât.

Le nappage de pellets est, pour moi, l’une des meilleure utilisation des huiles. En effet, leur petite taille va augmenter la surface de contact avec l’huile ce qui permettra d’augmenter la quantité d’huile qui diffusera une fois au fond de l’eau. De plus, de part leur porosité, les pellets vont aussi se gorger d’huile et permettre à ce halo tant recherché de travailler plus longtemps sur le poste tout en prolongeant leur temps de dissolution.

Lorsque l’on amorce ces pellets, on distingue clairement la zone de part « la tache » huileuse en surface qui se dessine… surtout par temps venteux. 

 Cette tache va réapparaître au grés des vas et viens des poissons fouinant sur le poste, leurs périodes d’alimentation vont libérer des micro-gouttelettes, de part la mécanique de la bouche et des nageoires, qui rejoindront la surface. Bien entendu, il faudra composer avec les blancs et réserver cette technique dans des eaux moins peuplée en indésirables.

J’espère que part ces quelques lignes j’aurai pu remettre au goût du jour une technique parfois abandonnée de certains mais qui mérite néanmoins que l’on s’y attarde.

un petit gourmet qui s’est laissé séduire lors d’une pêche éclaire

A bientôt au bord de l’eau.

Lilian.