» RAPIDE ET EFFICACE  » 

Cette année, force est de constater que mes résultats ne sont pas du tout à la hauteur des années précédentes. La raison est simple, j’ai pratiquement abandonné la pêche en étang au profit des canaux à grand gabarit. Pêcher sur une nouvelle eau est toujours un défit intéressant mais quand il s’agit de s’attaquer à un biotope aussi complexe que le canal, le défit tourne vite au cauchemar et si on ne passe pas à autre chose de temps en tant, l’épuisement moral n’est pas loin.

Donc dimanche 6 juillet au matin ; je n’en peu plus d’enchainer les capots, direction un plan d’eau situé à quelques kilomètres. Non pas pour pêcher mais pour préparer une pêche de quelques heures prévue le lundi suivant au soir.

Il fait très beau depuis quelques jours et comme à leurs habitudes les carpes sont plein bain de soleil près d’un banc de nénuphars. Je sais aussi qu’à partir de 18h, elles passent sur un rétrécissement situé à une centaine de mètres de la zone de repos, qui sépare le plan d’eau en deux parties bien distinctes et c’est à cet endroit précis que je vais placer mon amorçage puisque je n’arriverais sur le plan d’eau que vers 17h.

Je place un marqueur pour pouvoir être très précis pendant l’amorçage puisque je vais marcher le long de la berge et tout mettre à l’eau à la main dans un rond de 2 mètre de diamètre. Je mets donc à l’eau 2.5kg de N-Gage en plusieurs diamètres (15-18et 24 coupées en deux) auxquelles je fais subir le même traitement depuis l’année dernière : un nappage au Feedstim XP. Cela peu paraitre beaucoup sur une si petite zone d’autant plus que j’ai oublié de préciser que je ne pêcherais qu’à une canne ; mais en 24 heures dans une eau chaude et même si le plan d’eau n’est pas très peuplé, les brèmes y sont gigantesques et très actives et vont en dévorer une bonne partie. Le but est aussi de créer une tâche très attractive sur un point de passage obligatoire des poissons.

Je profite aussi du marqueur pour clipper ma distance de pêche et de placer un bout d’élastique au niveau de l’emmanchement de la canne pour relancer précisément en cas de touche.

En remontant la canne à sonder, je prends note que le fond est très meuble comme partout sur ce plan d’eau car c’est une ancienne tourbière mais comme toujours j’essaye d’adapter mon montage à la stratégie d’amorçage et au substrat du poste de pêche.

Pour l’occasion ce sera 18 cm de Tungskin (Thinking Anglers) esché d’un wafter N-Gage en 18mm, je prends aussi le temps d’en confectionner un de 23cm

Montages identiques, dont un qui mesure plus de 5cm

Montages identiques, dont un qui mesure plus de 5cm

Je fabrique toujours un bas de ligne spécifique pour chaque pêche mais toujours dans une longueur unique. J’ai lu il y a peu de temps un article de christophe Saint Jean (membre de CC Moore France comme moi) qui démontrait l’intérêt  de varier la longueur du bas de ligne en fonction de l’endroit où l’hameçon pique dans la bouche, jusqu’à trouver la longueur optimale permettant une piqure optimale.

J’arrive au bord de l’eau le lundi 7 juillet vers 17h ; la mise en place est rapide avec une seule canne. Avant de placer ma ligne je l’équipe d’un stick que je trempe directement dans la bouteille de Feedtstim XP et n’ajoute rien d’autre. Le stick marque la zone et est bien suffisant dans un premier temps. Je pratique comme cela depuis pas mal d’année, puisque je ne peu savoir si tout l’amorçage à été consommé, ça évite d’empiler des billes sur des billes non consommées et dans le meilleur des cas les carpes ont appréciées mes appâts et ont tout mangé, j’aurais donc une touche rapide puisque mon poste ne comporte pratiquement plus rien d’autre qu’une bille piégée.

Je n’observe rien pendant une heure et pourtant vers 18h30 ma ligne se temps sans que le poisson ne puisse prendre de fil (mon frein est toujours bien serré). La bagarre est rapide est une petite commune de quelques kilos rentre dans l’épuisette, en la déposant sur le tapis j’observe que la piqure n’est pas très profonde en bouche. La logique voudrait que je sorte celui un peu plus long mais je décide de garder le même pour voir.

Premier poisson

Premier poisson

Je relance avec le même stick mais j’ajoute cette fois ci quelques bouillettes, et pendant une heure je vois pas mal de bulles et de marsouinages directement au dessus du montage sans enregistrer le moindre bip. A 19h30 le fil se temps enfin sans que le poisson ne puisse prendre de fil. Je le décroche directement après le ferrage. Un peu vert, je décide de remplacer le montage de 18 cm par celui de 23 cm, l’esche est la même et je relance de nouveau avec un stick bien gorgé.

Moins d’une demi plus tard, nouvelle touche mais cette fois-ci c’est très sérieux car mon moulinet crache du fil. La première impression était vraiment bonne car le poisson semble gros. Ma petite 9 pieds fait le job et en quelques minutes la carpe est sur le tapis. Je la connais bien puisque je la prends régulièrement depuis 2006. Elle a même était un bon moment mon P.B pour les communes. Je vérifie l’endroit de la piqure de l’hameçon et cette fois-ci elle est parfaite.

Poisson pris 15 de fois, le même poids depuis 2006

Poisson pris 15 de fois, le même poids depuis 2006

Je relance le montage mais je n’ai plus de touche jusque 22h et je remballe.

Je voudrais revenir sur plusieurs points qui m’ont permis de réussir lors de cette courte pêche.

Tout d’abord, le pré-amorçage. Je fais toujours cet effort même pour quelques heures de pêches ; c’est pour moi le point fondamental de la réussite.

Ensuite, s’abstenir de relancer des bouillettes (au moins dans un premier temps) ; j’ai déjà expliqué pourquoi plus haut. Par contre j’ajoute toujours un stick nappé du même liquide que celui contenu dans mes bouillettes (les N-Gage ne contiennent pas uniquement du Feedstim XP mais il est tout de même  présent en grande quantité, c’est aussi un liquide passe partout qui fonctionne avec tous les types de bouillettes).

La première prise aurais du me servir d’alerte et changer mon bas de ligne pour un plus long m’aurait peu être éviter la décroche.

Et enfin la préparation : entre l’amorçage la veille en me déplaçant avec une canne marqueur et une canne pour régler la distance de pêche, la fabrication de 4 bas de ligne (2 longueurs différentes et leurs remplaçant en cas de casse) ; bref pratiquement autant de temps de préparation que de temps effectif de pêche.

Tous ces détails font partie de ma façon de pêcher, si je n’arrive pas à me déplacer pour amorcer ou alors que je ressors un bas de ligne de ma boite pourtant très chargé (ils ne servent rarement plus d’une fois) ; j’ai l’impression de passe à côté de quelque chose qui me fera douté jusqu’au bout. Quand tout est mis bout à bout mais que je suis tout de même capot, je n’ai qu’une seule explication : je n’étais tout simplement pas au bon endroit.

Texte et photos: Cédric DZIADEK

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