Aujourd’hui, cela fait maintenant plus d’une dizaine années que j’ai découvert le monde de la carpe avec toutes ces technologies qu’on connaît tous. Et encore bien plus d’années que j’ai découvert ce poisson fabuleux, à la fois majestueux et atypique pour certaines, parfois méfiant ou son contraire pour d’autre. Quoi qu’il en soit nous vivons à une époque où il faut se remettre quotidiennement en question si on veut des résultats.

Pour ma part, j’ai toujours été plus ou moins un autodidacte de la pêche. Bien sûr plus jeune, on m’avait appris les bases en pêchant le carnassier ou les petits poissons, mais quand j’ai découvert réellement ce poisson, il n’y avait tout simplement pas de réseaux sociaux pour partager notre passion et pour pouvoir apprendre certaines techniques. Tout était à découvrir, aussi bien les techniques que les endroits où nous avions envie de plonger nos montages. Certains ont la chance d’apprendre au côté de certains grands pêcheurs et d’autres qui ont déjà des bases plus ou moins solides. Dans mon cas çà ne c’est pas passé comme çà. J’ai quasiment tout appris seul ou avec mon binôme de l’époque qui lui aussi débutait à ce moment-là.

Il y a quelques années maintenant, j’ai eu le besoin et l’obligation en même temps de freiner ma passion. Beaucoup ont eu ce sentiment là également quand j’en parle autour de moi. Ça peut être dû à plusieurs raisons bien sûr. Dans mon cas, je ne trouvais plus vraiment le plaisir de passer des jours et des nuits au bord de l’eau, ensuite, j’ai eu un accident qui m’a contraint de rester bloqué à la maison.

Quelques années plus tard, j’étais plus ou moins guéri physiquement, le moral était en hausse bien évidemment et je n’avais qu’une seule envie, c’était de me retrouver au bord de l’eau surtout quand on a une rivière réputée dans toute l’Europe à quelques dizaines de mètres de chez soi. Mes pêches se sont enchainées de nouveau à un rythme régulier voir effréné par moment. Mais même si je prenais du plaisir à être au bord de l’eau, je ne retrouvais pas ce sentiment que j’avais auparavant. Quelque chose ne me convenait plus et je me suis posé tous un tas de questions à ce moment-là.Plusieurs mois passèrent et j’avais cassé à plusieurs reprises la tirelire pour renouveler mon matériel qui n’était pas vraiment adéquat aux pêches que je pratique aujourd’hui. Mais de plus en plus je manquais de motivation et de temps malheureusement. Je me rappelle avoir pensé à mes premières années où j’ai découvert ce poisson qu’est la carpe. Beaucoup d’entre nous, je pense l’avons découvert en pêchant de journée, de mâtiner, ou en toute fin d’après-midi, avec simplement le strict minimum, et je me rappelais également la satisfaction qu’on ressentait pour chaque touche, pour chaque poisson capturé, j’avais besoin de ressentir à nouveau cette sensation-là. Dans ma tête tout était déjà réglé, je voulais partir ou repartir sur des pêches plus ou moins mobiles du bord ou en bateau, ou encore même statiques, mais sur simplement quelques heures comme au bon vieux temps

Je me retrouvais face à un défi ! Et toutes les convictions que j’avais, allaient être mises à rudes épreuves. Pêchant principalement la rivière, il n’est pas toujours simple de déclencher des touches de journée même si elles étaient de plus en plus nombreuses je dois dire et qui plus est, sur une poignée d’heures de pêche. Je devais presque repartir de zéro. Bien sûr, les bases ne changent pas vraiment, et la vision qu’on a de l’eau ou du poisson avait bien changé depuis mes tous débuts de pêcheur, ce qui m’a aidé également. Les remises en question devaient se faire quotidiennement, aussi bien sûr le poste que sur ces propres techniques, ces appâts, et même quand on essaye de comprendre le comportement du poisson. Plus on croit savoir de chose sur nos chères demoiselles, plus elles nous prouvent le contraire… Je pense que toute une vie de pêcheur n’est pas suffisante pour essayer de les comprendre et ce, malgré toutes les nouvelles technologies dont on peut disposer à ce jour.

Je vais donc vous dévoiler comment je procède aujourd’hui après plusieurs années à essayer d’expérimenter mes approches qui restent toutefois simples. Il faut garder à l’esprit que je pêche aujourd’hui uniquement en rivière et même si certaines techniques marchent pour moi, elles seront sans doute à adapter dans vos situations.

Le repérage:

J’avais la chance de pouvoir passer énormément de temps au bord de l’eau, ce qui simplifie une part importante dans ce type de pêche. Le repérage…

Une fois le poisson localisé, je cherche comme beaucoup le type de substrat qui s’y trouve, les cassures, les plateaux et bien sûr, les obstacles, ce qui constitue également une part importante de ma pêche. Il est rare que je plonge mes lignes si c’est facteurs ne sont pas réunis.

Suivant le bief ou le secteur choisi, le substrat est souvent différent. Soit nous avons un fond vaseux, soit un fond caillouteux ou soit un fond sablonneux. Pour ma part, j’essaye de privilégier des zones ou la majorité du bief est vaseux ou sablonneux, ensuite, j’essaye de trouver les zones caillouteuses sur celle-ci. Et bien sûr, l’inverse si c’est différent. En y mettant une caméra, j’ai souvent remarqué des bancs de moules d’eau douces éparpillées sur des endroits comme ceci, ce qui signifie bien souvent la présence de poissons et surtout, une zone d’alimentation. Dans le cas où je cherche la vase, on aperçoit alors un autre phénomène, des trous dans la vase. Dans un premier temps, je n’avais pas vraiment compris ce que c’était, on voyait comme sur un champ de bataille avec tout un tas de trous éparpillés un peu partout. Après réflexion et pas mal d’observation, c’était bien la présence de poissons sur la zone qui cherchaient de quoi ce nourrir.

Une fois ces critères-là explorés le plus simple pour faire de belles pêches en quelques petites heures est de localiser les zones de tenues et les zones de passages. L’idéal est la zone de tenue bien évidemment, mais une zone de passages peut faire l’affaire également.

Pour moi, une zone de tenue, c’est une zone où l’on peut capturer des poissons sans forcément amorcer et ou l’on arrive à avoir des résultats réguliers en toutes circonstances.

Les montages:

La meilleure façon ensuite de voir si nos techniques sont les bonnes serait de passer du temps en action de pêche. J’ai donc pu affiner mes montages même si ces derniers sont simple. Je suis passé par des bas de lignes par exemple basiques en tresse à des plus techniques. En fait même encore aujourd’hui, je n’utilise pas qu’un seul bas de ligne. Suivant le type de fond ou la méfiance de certains poissons, je pense qu’un bas de ligne est plus adéquate que d’autres. C’est peut-être psychologique, mais c’est l’impression que j’ai parfois. Il suffit que je change mon bas de ligne pour déclencher des touches plus rapidement. C’est peut-être un hasard, mais je ne pense pas, enfin pas toujours du moins.

Donc j’utilise principalement 3 montages différents.

Le montage que tout le monde connaît bien sûr, une tresse plus ou moins forte suivant les conditions qu’on a. Et surtout un hameçon fort de fer qui tient la route. Après plus d’une année à essayer des dizaines et des dizaines de marques d’hameçons, je me suis arrêté sur les hameçons de chez big carp, les « river ». Ils sont à la fois solides, la pointe ne s’abîme pas lors de chaque lancé, et ils sont à un prix sur internet tout à fait raisonnable. Je les prends en taille n°1 voir n°2. Pour la tresse à bas de ligne, j’utilise de la 45 lbs pour les pêches forte sinon pour des postes plus simple je reste tout de même en 35lbs . Je ne descends jamais en dessous.

Le second montage que j’utilise régulièrement est un montage en combi-link avec une olive de 15 ou 20g pour augmenter le pré-piquage du poisson. Pour la partie nylon, je mets la plupart du temps un morceau de nylon contre l’abrasion, type dressen-X en 80 /100. J’utilise ce montage pour des poissons qui sont un peu plus méfiants et j’aime l’utiliser sur des parties de rivière pas trop rocailleuses également.

Le troisième montage que j’utilise est un dérivé, et en même temps, une amélioration, du premier montage où j’y mets soit un manchon ou une gaine rétractable qui est bien connue aujourd’hui par bon nombre d’entre nous. Il augmente aussi le pré-piquage de l’hameçon lors de l’éjection de l’appât par le poisson. C’est un montage un plus agressif selon moi, mais qui le reste moins que le précédent.

 

J’aime rester simple dans mes approches, tout en évitant de rendre les poissons le moins méfiant possible.

La préparation et les appâts choisis:

Une fois le repérage effectué, j’aime préparer mes coups à l’avance. J’amorce donc plusieurs jours à l’avance. Ça m’arrive d’amorcer sur certains postes au moins 2 à 3 fois par semaine en petite quantité, environ 2 ou 3 kg, durant plusieurs mois d’affiler. Ce qui à plusieurs avantages. Dans un premier temps bien sûr de faire rentrer tous les poissons du secteur à un moment donné et de leur faire assimiler mes appâts à de la nourriture « plus ou moins naturelle » et biens sûr de les mettre en confiance si on ne pêche pas le secteur trop régulièrement. Suivant la période de l’année et les conditions de la rivière, j’avise le dosage et les produits bien sûr. En début de saison comme l’hiver, j’amorce principalement au maïs, ensuite la veille ou 2 jours avant ma pêche, j’amorce avec de la bille pure en 24mm. Je choisis uniquement une gamme de produits pour la bouillette. Je ne pêche jamais avec plusieurs sortes de produits ou de bouillettes différentes. Le maïs dans un premier temps a pour but de faire rentrer plusieurs types de poissons, aussi bien les brèmes que les carpes. Et la bille en 24mm a pour but ensuite de faire une sélection des poissons en général. Quand la période est un peu plus douce, je repasse sur des amorçages uniquement constitués de bille en 24mm et j’ai tendance à avoir la main un peu plus lourde. Je ne suis pas un adepte des gros amorçages où j’y mets des dizaines de kilos de bouillettes par jour, etc. J’amorce en moyenne 3 voir 4 kg de billes maximum.

Bien sûr pour faire ceci, il faut privilégier de bons appâts, qui soient à la fois nutritifs et digestes pour les poissons. Car si ces 2 conditions ne sont pas réunies ça peut avoir l’effet inverse.

Pour ma part, je me fournis chez Serval Product, je prends essentiellement des produits carnés comme le crabe, le krill, ou l’écrevisse encore … Je sais que c’est des produits de très bonne qualité donc je peux être généreux si j’en ai l’envie.

J’ai passé des mois entiers à tester plusieurs combinaisons en thermes d’eschage et ceux dans plusieurs conditions. J’ai testé comme beaucoup font et comme j’avais l’habitude également de faire par moment le bonhomme de neige. J’arrivais à avoir bien sur quelques résultats, mais ce n’était pas la folie et surtout, c’était trop irrégulier pour des pêches rapides. J’ai remarqué que sur certains biefs, les carpes répondaient plus ou moins bien sûr ce type d’esches. Je ne sais pas vraiment pourquoi exactement, mais je ne suis pas le seul à avoir remarqué çà autour de moi. Maintenant pour arriver à toucher du poissons rapidement et bien souvent même si les poissons sont un peu méfiants, je mets qu’une seule et simple bille de 24mm. Je ne monte pas plus gros en therme de diamètres, car j’ai remarqué que je touchais plus souvent des silures qui sont en grand nombre. Je ne descends pas en dessous de ce diamètre-là également pour tout simplement essayer de sélectionner un peu les poissons.

Pour l’amorçage, je reste encore une fois simple dans mon approche et privilégie une pêche au spot avec une dizaine de billes autour de mon montage, pas plus. Je ne cherche pas à les nourrir et étant donné que j’essaye de relever mes montages au maximum toutes les 1h30 de pêche çà me permet également de pouvoir faire quelques petits rappels à chaque lancé.

 

Le stalking ou les pêches rapides, sont connus par tous pêcheurs quasiment. Mais beaucoup, j’ai l’impression ont peur de franchir le pas. Dans mon entourage quand je leur disais que maintenant 80 % voir même 90 % de mes pêches se faisaient sur des courtes périodes de 4 ou 5 heures maximum. Ils me prenaient pour un fou la plus part. Mais quand je leur montre les résultats qu’on peut avoir en ayant une bonne stratégie, ils ont vite changé d’avis et certains, adoptent ce type de pêche aujourd’hui. C’est clair que c’est une autre pêche que je ne dirais pas forcément facile, mais qui est bien plus simple dans un sens selon moi. On a souvent juste le strict minimum en matériel, ce qui est pratique. Et je trouve également que ça m’a permis d’évoluer encore plus dans le milieu de la pêche à la carpe et d’apprécier chaque poisson sortis. Que se soit un poisson de plus de 20 kg ou une petite carpette de 5 ou 6 kg, le plaisir et la satisfaction et toujours là. Sur la rivière que je pêche, j’ai remarqué de plus en plus, que le poisson s’alimentait en journée. Peut-être dû à la pression de pêche entre autre … Et je dois dire également que le fait de pêcher simplement quelques heures sur un poste, mais de le pécher régulièrement m’a permis de capturer quelques très beaux poissons qui auraient été plus durs je pense à faire rentrer sur notre coup.

Donc maintenant, c’est à vous de jouer et de vous faire plaisir !

texte et crédit photos: Allan Gonzalez 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.